Circoncis du circonflexe

Circoncis du circonflexe,
Perds ta pointe, chope un complexe.
L’accent coupé sous la coupole.
Circonspectes circonlocutions
d’aquadémissiens a qu’à démissionner.
Triste langue de Racine qui les as gobés, les pissenlits, par la Molière

 

du fond.

 

Yahourt de Mamie Novlangue,
Bouillie de cire corn flakes. Chapeau pointu, turlute qui tue, la dernière bouffe hard de la sainte-axe.

 

Profonde mal-Lettres.

 

tojyso

 

Au café de Fleur, elles sont verdÂtres, empoisonnées, honnies
Les Fleurs du Mal-écrit. On ne pointe plus, c’est fini !
Cupidon perd ses flèches, cupide don
à destination des jeûnes…

 

Littéraires.

 

La culture de droite avait ses marsouins, la gôche a son requin,

 

Pellerin.

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Le buzz des mômes du Web

Cinq petits mois auront suffit à la danse hippique-chic de Psy pour s’imposer.  Couleurs kitsch et son râpeux,  la vidéo suscite d’abord l’étonnement goguenard avant de s’imposer par le poids des visionnages. La faute à LMFAO qui avait déjà donné dans le déhanché potache, et qui reste bon 5e du classement ? Avec son milliard de vues, le rappeur coréen renvoie Justin Bieber chez le coiffeur, passé bon second. Mais derrière cette fulgurance, d’autres phénomènes continuent d’avoir la part belle sur le net. Les minots du 2.0 partagent avec les petits pandas et chats dyslexiques un capital sympathie pérenne. Malgré le triple galop Gangnam, le buzz mignon n’a pas fini de disputer la place aux clips acidulés.

1 –  Charlie croque le succès

Charlie bit me ! Deux frères aux visages poupons,  un petit accident et une bonne dose de spontanéité : Le résultat donne une saynète improvisée qui va capter des sommets d’audience. A l’heure de la tornade coréenne, la vidéo parvenait tout de même à atteindre le demi-milliard de vues.  Simple et courte, la vidéo de ces deux petits Anglais se veut à l’origine un souvenir de famille comme tant d’autres.

« C’était seulement un de ces moments où j’ai  la caméra à portée de main parce que les garçons faisaient les pitres et ont réalisé quelque chose de vraiment drôle », raconte le père. Pensée comme une vidéo souvenir par le papa, les images vont contre toute attente battre tous les records en place. En l’espace d’un an, Charlie et Harry caracolent en tête des vidéos les plus vues pour atteindre  500 millions de de visionnages aujourd’hui. Vidéo la plus vue, la plus commentée et la mieux notée de YouTube, Charlie bit my finger détrône en moins d’un an la star des vidéos d’alors, Evolution of Dance et attire les médias.

Moins d’une minute, une action  simple que l’on peut revoir et revoir et des réactions cocasses, le doigt croqué d’Harry va ouvrir de nouvelles perspectives aux vedettes en herbe.

2- David after Charlie  

Le quotidien amusant des enfants trace la voie à d’autres buzzs colossaux. Deux ans après le succès des petits Harry et Charlie, David sort du dentiste créé une nouvelle fois l’évènement. Plus controversée, la vidéo illustre le petit David, 7 ans ½ après extraction d’une dent. Sous le coup de l’anesthésie, le petit à des réactions surprenants sous le regard amusé et complaisant de son père.

La vidéo fera parler d’elle  autant par les phrases cultes de David « Est-ce que c’est la vraie vie ?» «Tu as quatre yeux ?» « Pourquoi cela m’arrive à moi ? » que par la situation controversée. Nombreux sont les commentaires à accuser le papa de profiter d’une situation déstabilisante pour l’enfant, voire proche de la maltraitance pour créer un vrai buzz.

Postée en janvier 2009, la vidéo génère en moins d’une semaine 3 millions de vus. Une fois encore, la vidéo d’un enfant aux réparties comique et légèrement malmené fait recette.

Mais le phénomène ne s’arrête pas là. Comme dans les vrais succès vidéo,  David after dentist a droit à ses scènes coupées.

6 mois après ce premier succès,  le petit garçon revient sur la toile dans une vidéo se déroulant avant l’opération et  filmé puis un autre appareil.

Scènes coupées :

3- Bébé Business

La vidéo passe à la troisième place des vidéos les plus vues et selon Hollywood Backstage aurait rapporté 100.000$ l’an dernier. Le père explique que les sommes perçues doivent garantir les frais d’université de David. Dans la famille de Charlie et Harry même constat. Revenus publicitaires, héros cartoonisés et vente de mugs, le business est omnipréent, vraiment omniprésent.

Avec une telle manne générée, pas étonnant que le filon ouvre droit à d’autres vidéos captant des instantanés dans la vie de bébés. A commencer par David et nos petits Anglais. A renfort d’une communication 2.0 musclée, les vidéos prises sur le vif, sont renouvelées par d’autres moments de vie. Et ça marche. Moins originales, le succès est quand même au rendez-vous. A l’instar d’un Maru, chat vedette du web que l’on suit au gré de ses nouvelles explorations de boîtes en carton. Les garçons sont suivis par plusieurs millions de vus. Un succès plus relatif mais peu évident quand les vidéos ont un air de celles prises par n’importe quel parent sur super 8. Mais entre temps, le public web s’est attaché à eux et continue à les voir grandir.

martine

C’est également sans compter le talent de David qui joue avec sa notoriété. A l’origine d’un coup de sang de l’acteur Christian Bale sur le tournage de Terminator, des internautes facétieux réalisent un mixage de David entrecoupé des jurons de Christian Bale. Une technique appelée Mash-Up.

  Le pétage de plombs à l’origine de la vidéo de David

Et son Mash-Up

A l’aise devant la caméra,  David prend à partie l’acteur de Batman et le sermonne sur son langage fleuri.

Pas étonnant de voir alors les internautes s’emparer des vidéos pour les reprendre à leur compte. Et ré-exploitent une partie du comique initial à grand renfort de déguisements ou d’effets spéciaux. Le web voit débarquer deux nouvelles sources infinies de reprises parodiques : phénomène récurrent appelé mèmes.

Comme un remix musical, le Père Noël, une chaussette, un ninja et Dark Vader.  On retrouve pêle-mêle l’absurde et les grandes icônes de la culture geek.

4 – La porte ouverte à d’autres couches-culottes

Pas étonnant alors de voir régulièrement sur la toile des vidéos faire le buzz associant le mignon à l’humour.

A chaque fois, un mimétisme d’adulte ou une situation simple et amusante qui fait de jeunes enfants du web, un évènement aussi  fameux que les Lolcats.

Plus ou moins drôle pour le bambin.

Ces drôles de chats qui partagent avec les bébés  web des postures surprenantes.  Il ne leur manquerait que la  la parole. Quoique…

Mignon, situations improbables,

véritable culte au Japon, le mignon, appelé Kawai, inonde le net en bébés animaux de toutes sortes chatons et espèces plus rares. Rien ne semble donc arrêter l’arrivée de drôles de bébés du web.

Chats mais aussi pandas

A l’heure ou Charlie le croqueur caracolait encore en tête, sur les dix vidéos les plus visualisées sur YouTube, 3 étaient consacrées aux internautes en culottes courtes. Aujourd’hui, devant la déferlante Nicki Minaj et Carly Rae Jepsen, on en compte plus que deux. Mais Charlie n’a pas perdu son appétit.

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Démocratie 2.0 : Facebouclage en règle

Silence sur le grand réseau social. Le hold-up peut se terminer dans l’indifférence quasi-générale. Le mois dernier, Facebook décidait de mettre un terme aux consultations de ses membres lors de modifications des conditions d’utilisation. Raison invoquée : un intérêt très limité des utilisateurs pour ces votes.

Lire la suite sur Locita.com

 

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Quand le crowdfunding atteint ses limites

Le financement participatif a souvent attiré l’attention de notre rédaction. Livres, appareils de haute technologie, films, ce système a permis de mettre en contact des créateurs en manque d’investissement et des internautes conquis par leurs projets. Dans une application économique typique du 2.0, chacun peut désormais contribuer financièrement à un projet jugé ailleurs trop risqué. Et dessiner de nouvelles tendances économiquement viables. D’abord investies par des artistes peu médiatisés, les plateformes comme Kickstarter ont battu des records d’investissement pour devenir des structures de financement tout public.

On se souvient des tentatives réussies de faire auto-éditer des livres qui essuyaient des refus à ne plus en finir. Manque d’audace éditoriale, volonté d’indépendance, ces plateformes ont pu financer le livre d’une veuve expliquant la mort d’un proche aux tout-petits, créer un label indépendant pour les artistes du mouvement Occupy Wall Street ou même auto-publier le dernier pavé de Seth Godin. Autant de résultats qui prouvent que le crowdfunding a trouvé sa place dans l’économie en ligne. Néanmoins, les multiples réussites de projets parfois financés à 300 % de leur estimation actuelle a crée une surenchère. Aujourd’hui, le descendant de My Major Company a glissé sur plusieurs écueils, victime de son succès.

Réussite assez systématique pour des produits à valeur psycho-affective forte, les geeks étant nombreux à se mobiliser, le système a perdu son aspect de soutien aux concepts qui ne trouvaient pas d’investisseurs professionnels. Pire, il est de plus en plus assimilé à un site marchand. A l’origine, les créateurs proposaient une série de rétributions pour remercier les donateurs. Livraison en avant-première, autographes, autocollants, des récompenses ajoutant à l’idée d’un partenariat communautaire étroit avec les internautes. Comme une vague impression de camelot.

 

Accumulation de risques financiers

 

Aujourd’hui, certains ont cru bon d’établir un véritable marketing autour de ces cadeaux. Une arrière-pensée de camelot qui ajoute des stocks dignes de grossistes, des éditions limitées, des t-shirts, des intégrales de travaux antérieurs par tranche de centaine d’euros investis en supplément. À ce rythme de promesse de dons chiffrant couramment jusqu’au millier d’euros, Kickstarter et consorts prennent les allures de sites marchands traditionnels. Avec ce travers et une popularité grandissante, l’investissement de masse accumule les risques financiers de part et d’autre.

Parce qu’il ne s’agit pas de promesses de dons, le partenariat lie le porteur de projet au donateur. À ceci près que l’équation commerciale repose sur un déséquilibre. Si le donateur est engagé financièrement, le créateur, lui, l’est devant la loi en signant le contrat d’utilisation de plateformes comme sur Kickstarter. Un état de fait qui pointe sur lui l’obligation de réussite, alors qu’il n’a pas toujours un prototype sur lequel s’appuyer.

 

Délai, sanction, remboursement

Délais, échec de la commercialisation, désistement de partenaires financiers, les éventualités sont nombreuses. Si les résultats ne sont pas au rendez-vous, commence alors un difficile parcours. Le cas n’est pas rare. Dernièrement, l’inventeur d’une montre pouvant envoyer des mails n’a pas respecté ses premiers délais de livraison. La sanction a été sans appel, un donateur a souhaité que son apport soit remboursé. Avec 10 millions de fonds collectés, le concepteur pouvait faire face à la menace de remboursement, tant qu’elle n’est pas généralisée, du moins. Et que dire du remboursement quand il faut répercuter des hausses de coûts et de prospection ?

Mais il y en a de moins chanceux. David Barnette est le designer d’un étui pour iPad utilisant deux ergots en forme de ventouse. Un an après le début de sa campagne, le produit n’a toujours pas été commercialisé. Les retards s’accumulant au niveau des concepteurs, Barnett en est réduit à voir sa manne partir dans des frais de prospection d’usines. D’autres semblent a priori suffisamment avancés pour voir le coup dur venir. Julie Uhrman, conceptrice d’une console de jeu Ouya, open source sur Android, estimait avoir besoin de 950.000$. En l’espace d’un mois, elle récoltera plus d’argent qu’il n’en faut. Ses fonds caracoleront finalement à 8,6 millions $.

L’art de contenter des milliers de donateurs

Dans un entretien avec le site online NPR, la développeuse a évoqué la question de l’échec. Une éventualité douloureuse quand son investissement repose sur 57.000 soutiens. Rembourser ? Elle estime que les réponses sont floues de la part de la plateforme de crowdfunding. Et ne peut envisager que « traiter ses soutiens de la meilleure façon possible ». Diplomatie et tentative de cas par cas.

Questionné sur ces dangers, Yancey Strickler, co-fondateur de Kickstarter a peiné à trouver des arguments pour défendre la pérennité et la fiabilité de sa structure face à ses risques : « Vous savez ce serait du jamais vu ». « Je ne pense pas que nous nous engagerions. Mais assurément, le genre de choses que vous évoquez n’a pas encore été rencontré. Mais un jour, oui. Ecoutez, je pense que si quelque chose se passe mal, ce serait… ce serait un mauvais moment à passer », a-t-il confié pour NPR. Dans un questionnaire posté dans la foulée, les réponses sont lapidaires. Oui, les créateurs ont le devoir de mener à bien leurs projets, non, Kickstarter ne s’engage pas à aider les donateurs. On imagine à peine les concepteurs qui ont dû se lancer dans de larges investissements prospectifs.

Mais Amazon est là…

Reste que les créateurs infortunés peuvent profiter de la logistique d’Amazon. Le géant étant impliqué dans les transferts financiers, ces derniers disposent des services facilitant le remboursement sous 60 jours. Néanmoins, la période semble bien courte quand il s’agit de recherche, développement et conception de produits inédits. Des retours d’investissement ont déjà eu lieur après la limite des deux mois selon Kickstarter. Les délais ne sont pas rares et les développeurs invités à communiquer sur leurs difficultés. Il apparaît alors que le crowdfunding doit revenir à ses intentions d’origine : le soutien communautaire. Et retrouver l’empathie autour d’une idée portée mutuellement. Celle d’un concept authentique, d’un pari risqué et lorsque cela réussi, d’un pied-de-nez à l’industrie. Un pari mérité.

Sources :
NPR
Mary Sue Blog
Blog de Kickstarter

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L’inceste : thème populaire de la littérature jeunesse au Japon

Les récits évoquant les relations ambiguës entre frères et sœurs ne sont pas nouveaux au pays du manga. Néanmoins, les scénarios explicites rencontrent de plus en plus de succès sous le prisme d’un format littéraire bien précis, celui de la light novel. Roman court, n’excédant pas deux cent pages, ce genre associe des images et une prose très largement basée sur des dialogues, des paragraphes réduits et peu de narration. Orientés vers les jeunes adultes, les light novel sont souvent le prélude à des adaptations en séries animées.

Type hybride fort populaire, ces romans sont à l’origine d’une vague d’histoires où l’inceste tient une place centrale. Parmi les derniers succès commerciaux, la série My Little Sister. À la manière de la petite Martine, cette petite sœur raconte un quotidien de jeune fille, mais la ressemblance s’arrête là. À chaque volume, l’auteur relate les affres sentimentales d’une fillette envers un ou des grands frères plus âgés. On se rassurera en partie en découvrant que les choses ne sont pas toujours réciproques.

 

Je sais que tu es mon frère, mais…

Pourtant, les thèmes posent un problème éthique : Un garçon découvre que sa cadette joue à des jeux vidéo incestueux, des jumelles se disputent leur grand frère, les synopsis évoquent clairement l’interdit. Et vont au-delà sans trop se poser de question. Pour exemple, le titre du volume 7 de la franchise pose l’interrogation suivante : Je sais que tu es mon frère, mais tant qu’il y a de l’amour cela n’a pas d’importance, pas vrai ? Le trait typique du Shojo sentimental ajoute au malaise en abordant un aspect séducteur d’ordinaire réservé aux amourettes lycéennes. La confusion est savamment entretenue.

 

La cible est-elle celle de jeunes filles attirées par la pétulance des couleurs de la couverture ? Ou ne viserait-il pas plutôt un lectorat masculin abordant la littérature de charmes ? Dépourvus de scènes orgiaques, mais pas de potentiel fantasmatique. Sorti dans les années 2008-2010, le thème a été réexploité sur de nouvelles séries. Douze titres sont prévus pour la seule période de septembre à mi-octobre Plus qu’une réussite commerciale, un phénomène. À l’instar d’autres novellas illustrées plus chastes, le genre profite de la réussite de My little sister pour inonder le marché en animés et jeux vidéo.

 

Dans ce dernier cas, une série de seize épisodes a vu le jour, relativement connu sous le diminutif du titre original « Ore Imo ». Si la série a été diffusée au Canada, en Australie et aux États-Unis, la raison est à trouver du côté beaucoup moins ambivalent de la relation entre le frère et la sœur. Mais les réactions sur internet ne sont pas toujours dépourvues de gêne.

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Archive : enquête sur le Bisphenol A – 2010

Enquête de fin d’études sur le bisphénol A, perturbateur endocrinien. Maquette au format du magazine l’Express. 2010

Cliquer ici pour consulter le dossier

Couverture dossier BPA

Cliquer ici pour consulter le dossier

Le nom l’Express est une marque déposée du groupe l’Express-Roularta. Son utilisation n’a été faite qu’à titre d’illustration (maquette) dans le but d’une enquête de fin d’études. Son utilisation s’est faite dans le cadre restreint de professeurs, jury professionnel et réseaux d’associations après mise en garde.

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Vinyles, le grand retour.

Place des arts, il s’en passe : Festivals de jazz, nuits africaines endiablées, grand carnaval Juste pour rire. Quelques jours de répit avant la vitrine culturelle des 11 nations « indiennes » du Québec et la grand messe du métal montréalais. La métropole du nord s’affiche comme résolument culturelle et foisonnante d’activités en cette période. Au point qu’une journaliste qui a passé deux ans et demi à New York estime que la vie montréalaise n’a plus à rougir de la grosse pomme.

Forcément, la rue fourmille de chorales au pied des nombreuses églises, de guitaristes et d’associatifs pour les grandes causes environnementales. Mais c’est auprès des disquaires que l’on commence à cerner cette vitalité. Oublions un instant les grandes fêtes touristiques du centre-ville. Et la musique commerciale qui fait sauter en l’air les Québécois, quand le meilleur du son africaine peine à y parvenir. Montréal se nourrit des influences américaines, dans la nourriture comme dans sa langue, on le remarque dès l’aéroport. Mais si la musique emprunte à l’Oncle Sam, elle s’inspire également de ce qui se fait ailleurs, de la France pour le Rap, du cuivre afro-antillais et souvent fusionne.

L’âge d’or du jazz a cédé la place à une multitude de musicalités indépendantes. Du free jazz au punk, toujours aussi bien portant de ce côté de l’Atlantique, en passant par le hip-hop des banlieues et surtout des réserves indiennes. Il y a donc un son à la québécoise. La turlute et autres chansons folkloriques que l’on garde vivace à Québec, mais surtout une profusion artistique qui se nourrit d’une histoire difficile. Les textes de rap ne parlent pas de zones urbaines dites sensibles. Mais de la situation de ces nations présentes avant l’arrivée de l’homme blanc.  Entre aliénation grassement payée à coup d’allocations et espoir d’intégration bien mince. Autres lieux, même détresse.

Des quartiers bobos ou carrément excentrés, les disquaires spécialisés dans le vinyle relatent une passion. Celle des chansonniers, puis des concerts de jazz et de rock dans les petites salles ou réunions spontanées. Pour à peine plus cher qu’un ticket de transports en commun (pas donné ceci-dit), Montréal peut sortir chaque soir en quête d’un nouveau talent. Quand ce ne sont pas les grands noms qui viennent d’Amérique pour jouer dans une atmosphère plus intime. Avec ce goût parfois d’interdit, les rassemblements -parfois bridés par la police – se font moins sauvages et les adresses tournent moins. Mais la ferveur demeure. Et l’esprit de liberté des années 70 semble repartir au gré des manifestations et des lois anti-réunions spontanées dans la rue.

Pas étonnant alors que l’exigence de la scène relance celui de l’oreille. Nombre de disquaires que nous avons rencontrés ont abandonné un travail régulier pour se lancer dans la grande aventure musicale depuis moins de 5 ans. Et les choses marchent. Avec eux, les promoteurs et petits labels soutiennent l’effort d’un son indépendant. Constellation records, Blue Skies Turn Black… des noms qui font qu’Oscar Peterson et Leonard Cohen ont creusé de profonds sillons.

Bouillonnement artistique, la rue fut aussi le témoin ce 22 juillet d’une autre fougue. Celle de la jeunesse appuyée des vétérans de la révolution tranquille contre le pouvoir en place. Masques et danses rythmées, la musique n’abandonne pas la rue. Les disques de vinyles nous amèneront donc vers les carrés rouge de la colère étudiante.

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Montréal urbaine : Avant-docu

Les vacances d’été auront eu raison de l’idée initiale pour le documentaire. Exit donc la jeunesse québécoise, entre engagement associatif, artistique et vent libertaire. Hormis les militants de Greenpeace, de la SPA locale et d’Oxfam, les associations abaissent le rideau pour deux mois. La dernière polémique en date sur la réouverture d’une mine d’amiante avec le feu vert du gouvernement provincial maintient peut-être des forces vives sur la New-York francophone. Pour le reste, même les centres de promo d’artistes font relâche.  Des lieux  qui apportent un coup de projecteur ou un hébergement aux jeunes talents  comme la coopérative d’habitation Lézarts et le diffuseur de talents Artishow. Le grain de folie et d’originalité tout montréalais se trouvera ailleurs.

Non loin des festivals rue Ste-Catherine

Plus urbaine que jamais avec ses festivals d’été, Montréal se prête aux déambulations à la recherche des petits groupes de musique, des artistes de rues et des passionnés de l’underground. Cet envers du décor que les festivaliers ne rencontrent qu’au prix d’une bonne balade sur les hauteurs, n’est pas loin, même s’il faut gratter un peu. Avec les manifestations étudiantes qui reprendront ce dimanche, la rue est la nouvelle donne québécoise. Révolution sociétale contre la gouvernance libérale ? Lutte pour la protection d’un enseignement supérieur ouvert à tous ? Pas seulement, les Montréalais, en bons cousins, redécouvrent la rue. Plus qu’un lieu de passage ou de balade à la recherche d’une « bouffe » (fast-food), la rue est un lieu de vie. Les rues excentrées en portent encore les joyeux stigmates. Des petits carrés rouges dans le grand aquarium de l’Amérique du nord.

(DR)

Les Québécois auraient-ils eu un peu d’embonpoint et ces demoiselles de la cellulite les marches de cette année les ont familiarisés à trépigner joyeusement sur l’asphalte. Rendez-vous ce dimanche 22 juillet pour vérifier que la canicule reste de mise.

C’est donc du côté de la rue et de ceux qui la font vivre que les choses se passeront. Tout d’abord la musique, avec les promoteurs du bon son et des petites salles. Des labels, mais surtout des disquaires qui soutiennent le retour du vinyle, jouent, composent et savent faire partager la passion. Amour de la belle note mais aussi du Québec libre. A la recherche de l’anecdote sur tel groupe lancé, c’est toute l’histoire qu’on évoque entre deux prises de vues. Mais c’est un autre chapitre.

A suivre : Les disquaires, l’indépendance en musique.

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[Billet]Un 14 juillet entre deux continents

(DR) LCI

Alors que des parachutistes se réceptionnent plus ou moins bien, nous autres Français avons choisi notre point de chute dans un parc. Cette fête nationale aura une saveur toute particulière. Celle de la viande grillée copieusement arrosée de sauce barbecue. On a beau être en terre francophone, les cinq mille kilomètres et la différence culturelle invite à la jouer locale. Si en Egypte, l’on doit se conduire en Egyptiens, ici c’est le repas qui respectera le décor usuel des écureuils. Claquos et gouleyant attendront… le lendemain, pour un match retour avec les voisins.

Nous voici donc partis pour le Parc Lafontaine où par un prompt renfort de notre part, la bière canadienne viendra rafraîchir un groupe d’expatriés alanguis par la chaleur et surtout l’attente.

Un des nombreux parcs où les Montréalais viennent « relaxer » et faire du sport

Le repas terminé, les concessions faites aux Québécois auront assez duré. C’est avec naturel que nous organisons une pétanque. Et d’un, parce qu’il faudrait montrer aux locaux qu’il y a plus dynamique que le curling, surtout lorsqu’on a oublié les balais dans le placard, et deuxièmement, le football US se prêtait assez mal à la digestion de toute cette provende.  Au passage, on remarque que nous ne sommes pas les seuls à jouer pieds tanqués, le bras lancé en l’air, témoin de la présence d’autres Français venus s’afficher. Pour le reste, l’analogie avec une  vraie partie française s’arrête-là.

Nous passerons les détails si ce n’est que les quelques points joués l’auront été dans une joyeuse pagaille. Une boule en main contre 3 autres duos… La jolie foire a le mérite de nous mettre en joie. La suite sera bien plus violente. Alors que la chaleur avoisine les 40°c, et que le peu de pastis qui reste laisse penser à des vacances méditerranéennes, la drôle d’équipe d’expatriés et de vacanciers change de discipline. Pour se frotter à la fine fleur (de lys) que compte les volleyeurs montréalais. Du volley, que non ! La rudesse de l’épreuve fait plutôt penser à la bataille de Crécy.

Charge malheureuse de la cavalerie française sur les archers anglais

Ce n’est pas beau à voir. Mais, là, où la technique se passe de commentaire, les petites vannes rendent ce jeu de forçat (sable et cagnard) plaisant. Et on s’amuse entre Français à redoubler de mauvaise foi, le monde nous reconnait ce talent, entre deux « Caliss !' ». Le P****n méridional ne se sera même pas fait entendre sur un carreau manqué.

Au final, quelques guirlandes et carrés de couleurs dans les arbres, où le chauvin y verra du tricolore. Le retour se fera sagement à pied le long de la grande rue Sherbrooke avec une soirée relativement calme. Le lendemain, les hostilités reprennent avec les voisins. Cette fois la viande sera accompagnée de maïs d’Inde rôti. Chose impensable, la veille, nous ne fêtions pas non plus Thanksgiving.

Viande, maïs, mais aussi rouge et fromage au noix, il n’y a pas à dire, nous sommes bien établis entre deux continents.

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Archi-textures Mtl

Aperçu des différentes strates du décor urbain. Façades victoriennes de Sherbrooke, Quartier à la Nouvelle-Orléans de Saint-Denis, Grands ensembles de Sainte-Catherine.

Vers le diaporama FlickR

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